Billet n°1

Danse avec les robots

Bonjour,
C’est Julia. Pouvoir raconter et mettre en valeur les expériences des collègues, c’est une vraie chance que je souhaite vous faire partager ! Aujourd’hui, pour ce premier épisode, je vous emmène dans une classe de GS-CP où nous allons croiser Ozobot, le robot minuscule, des élèves de 5 et 6 ans, du codage, de l’autonomie, et surtout la joie d’apprendre !

Aujourd’hui, à l’école de Saint-Sylvain (Calvados), les élèves de grande section/CP vont programmer des robots. Edwige Namboka, leur enseignante, m’a ouvert les portes de sa classe pour assister à cette après-midi « robotique » qui allie apprentissage du codage et de la robotique, arts visuels et se situer dans l’espace.

Demandez le programme !

Au programme de la séquence : initiation au langage codé, aux déplacements dans l’espace et aux arts du visuel via un tableau de Joan Miró. Et, en guise de bouquet final, une danse avec le robot Ozobot !

Celui-ci se déplacera, d’après un codage réalisé en classe, sur les courbes colorées du tableau de Miró, projeté au mur via le vidéoprojecteur. Les élèves l’accompagneront dans sa chorégraphie et en rythme s’il vous plaît !

Vous avez dit Ozobot ?
Au fait, Ozobot, vous connaissez ? C’est un robot mais pas question qu’il fasse le ménage à votre place !, C’est l’un des plus petits robots programmables au monde. Ce formidable outil éducatif et interactif obéit à des instructions codées et permet aux élèves d’apprendre, en jouant, les bases de la programmation.

Au menu

Bien que de la génération alpha, le codage n’en est pas pour autant inscrit dans l’ADN des petits élèves !. L’enseignante a donc mis en œuvre une progression avant de passer à la pratique.

  • D’abord, une phase de réflexion est nécessaire pour la compréhension de l’objet lui-même : « Selon vous, qu’est-ce qu’un robot ? » demande Edwige Namboka à ses jeunes élèves prompts à répondre. Avis à chaud des principaux intéressés : « en fait, on lui dit de faire des choses », « il est programmé », « c’est comme le robot dans ma cuisine », « c’est comme la machine à laver à la maison : elle aussi, elle a un programme ! »
  • Maintenant, phase d’observation, une caméra braquée sur le robot en action, les élèves comprennent qu’Ozobot ne se déplace pas seul et réagit à ce qu’on lui commande de faire. Mais que lui commande-t-on ?
  • Puis c’est la réunion collective pour le passage de consignes.
  • Et maintenant : place à l’action
    Comme un air de premier jour des soldes, à peine les consignes données, tout le monde s’empresse de rejoindre son poste de travail. Chaque élève sait où aller et ce qu’il doit faire.
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    Dès les consignes données par l’enseignante Edwige Namboka, les élèves sont pressés de rejoindre leurs ateliers !

3 ateliers tournants

  • 1 atelier d’initiation au codage sur feuille de papier avec parcours à tracer où, munis d’un crayon, les élèves doivent tracer le chemin que doit parcourir un lapin pour retrouver ses carottes, ou un petit singe pour visiter les autres animaux du zoo.
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    Atelier d’initiation au codage sur papier : une étape d’appropriation indispensable
  • 2 ateliers avec chacun deux ozobots + l’application Ozoblocky (un cousin germain de Scratch) pour l’apprentissage au codage « en vrai » par binôme.
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    Assis autour de Mickael Guillory, conseiller pédagogique pour le numérique, deux élèves observent un parcours et doivent en décrypter les déplacements.
  • 8 tablettes en autonomie avec l’application « Facilable ».

À chacun son langage donc, pendant que certains manient le langage phonétique avec l’application « Facilable » (sons à associer pour retrouver un mot, memory des sons…), d’autres s’initient au langage codé avec l’Ozobot et son appli.

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Mutualiser et collaborer pour mieux apprendre

Des apprentis codeurs performants

Première étape sur fiche pour détailler le parcours d’Ozobot : « Que doit faire le robot sur ce chemin ? ». Les élèves comptent le nombre de pas nécessaire pour le faire avancer et les directions qu’il devra emprunter : « d’abord 10 pas tout droit, ensuite il tourne à droite, et puis il avance encore de 1, 2, 3, 4, 5 pas ».
Malgré une gauche et une droite qui ne sont pas encore bien acquises, les élèves commencent à appréhender cette reconnaissance et acquièrent la capacité à les nommer. Et, s’ils oublient parfois de programmer Ozobot, c’est dans la stupéfaction de voir qu’il n’avance pas tout seul que nos apprentis codeurs comprennent l’importance de leur rôle !

Deuxième étape  : il ne reste plus, sous la houlette de l’enseignante, qu’à entrer les mouvements sur l’appli Ozoblocky et à lancer le programme [1]. Et si on se trompe, on recommence jusqu’à obtenir le bon parcours ! .
Les élèves en redemandent, les parcours s’enchaînent (5 au total) et la difficulté augmente. À chaque nouveau parcours, l’élève doit reprogrammer le robot et prend ainsi conscience que c’est lui qui est aux commandes et qui fait avancer le robot.

Impressionnant !

J’ai été vraiment bluffée de voir comment ceux qui m’apparaissent comme des tout-petits sont en capacité de s’emparer du codage et d’en comprendre les objectifs.
Leur investissement dans les ateliers est palpable : concentrés, ils réfléchissent, phosphorent et recommencent jusqu’à obtenir satisfaction, pour eux-mêmes surtout.
Et leur joie qui éclate quand ils ont réussi ! « Yeees j’suis trop fort/trop forte ! », entend-on clamer ici ou là…

L’enseignante les guide et leur donne la marge d’autonomie nécessaire au bon déroulement de ces exercices.

Dans le troisième atelier, en autonomie sur leur tablette, où je suis particulièrement impressionnée de voir ces élèves de 5 ans allumer la tablette, ouvrir l’appli, brancher leur casque et commencer les activités tout seuls ou se motiver mutuellement : « Plus que 20 points pour gagner » s’exclament deux d’entre eux.

La classe est calme, seule une petite dispute vite réglée pour une gomme volée vient troubler l’ambiance studieuse : en effet chaque élève connaît sa mission et la remplit avec brio. L’élève a ainsi la satisfaction de la réussite et le travail est immédiatement gratifiant.

Je garde pour la fin ce que me confie, enthousiaste, Théo, 5 ans, « Le robot, c’est CRÈS CRÈS GÉNIAL !!! »

À bientôt !
Julia


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Lien : BO spécial n°2 du 26 mars 2015/programmes cycle 1

Notes

[1le programme se crée sur le site ozoblockly.com et se lance ensuite depuis l’appli Ozoblocky sur téléphone de l’enseignant

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